Un cabinet dentaire rentable, dans notre grille d’audit, c’est un cabinet dont les charges ne dépassent pas 65 % du chiffre d’affaires, dont l’EBE retraité atteint au moins 30 %, qui dégage au moins 110 k€ de résultat avant impôt par praticien, et qui garde au moins deux mois de charges en trésorerie. Ces seuils sont les mêmes en solo et en groupe.
Le piège, c’est de n’en regarder qu’un. Un cabinet peut avoir des ratios de charges impeccables et un revenu qui ne décolle pas. L’exemple plus bas le montre.
| Indicateur | Vert | Orange | Rouge |
|---|---|---|---|
| Charges totales / CA | 65 % ou moins | 65 à 70 % | plus de 70 % |
| Cotisations sociales du praticien / CA | moins de 11 % | 11 à 13 % | plus de 13 % |
| EBE retraité / CA | 30 % ou plus | 25 à 30 % | moins de 25 % |
| Résultat avant impôt, par praticien | 110 k€ ou plus | 90 à 110 k€ | moins de 90 k€ |
| Trésorerie, en mois de charges | 2 mois ou plus | 1 à 2 mois | moins d’1 mois |
| Trésorerie / CA | 10 à 15 % | 5 à 10 % | moins de 5 % |
Un cabinet solo, en exemple simplifié.
| Ligne | Montant | Lecture |
|---|---|---|
| Chiffre d’affaires | 360 k€ | |
| Charges totales, dont 15 k€ d’amortissements et 3 k€ de frais financiers | 216 k€, soit 60 % | vert |
| Cotisations sociales du praticien | 36 k€, soit 10 % | vert |
| EBE retraité | 126 k€, soit 35 % | vert |
| Résultat avant impôt | 108 k€ | orange |
| Trésorerie nette | 30 k€, soit 1,8 mois et 8,3 % du CA | orange |
Les ratios en pourcentage sont dans le vert. Ce cabinet n’a pas un problème de charges : il lui manque du chiffre d’affaires, ou plus exactement du chiffre d’affaires par heure. Couper dans les charges ne le fera pas passer au vert. Le levier est du côté du CA par heure clinique et du mix d’actes.
Côté trésorerie, les charges mensuelles d’exploitation tournent autour de 16,5 k€. Pour tenir deux mois, il faut 33 k€. Pour atteindre 10 % du CA, 36 k€. Il manque 3 à 6 k€ : pas un drame, mais aucune marge pour un mois creux ou un équipement à remplacer.
Au-delà de 13 % du CA, les cotisations sociales du praticien passent en rouge dans la grille. Ce ratio dépend de ton revenu, de ton mode d’exercice, BNC ou société, et de la façon dont tu te rémunères. Quand il dérape, la discussion se fait avec ton expert-comptable, sur ta structure et ta rémunération, pas sur ton activité.
Ces seuils servent à prendre quatre décisions : combien tu te verses, ce que tu investis, quand tu recrutes, et combien tu gardes de côté. Un cabinet dont tu connais ces cinq ratios, c’est un cabinet que tu pilotes au lieu de le subir. Et c’est la base pour en faire un outil au service de ta liberté, pas l’inverse.
C’est par là qu’on commence en audit, sur tes propres bilans. Voir comment on accompagne les dentistes.
Dans notre grille d’audit, l’EBE retraité est dans le vert à partir de 30 % du chiffre d’affaires, en orange entre 25 et 30 %, en rouge sous 25 %. Le retraitement ajoute la rémunération du gérant en société, pour comparer BNC et SELARL sur la même base.
Selon la CARCDSF, le revenu moyen des chirurgiens-dentistes libéraux était de 122 279 € en 2023, et le revenu médian de 97 672 €. Notre grille fixe la cible qu’on considère saine : au moins 110 k€ de résultat avant impôt par praticien, après cotisations. Entre 90 et 110 k€, on est en orange. Sous 90 k€, en rouge. Le chiffre d’affaires par praticien à viser en face est de 300 à 380 k€.
Au moins deux mois de charges d’exploitation, hors amortissements et hors ta rémunération, soit 10 à 15 % du chiffre d’affaires. Sous un mois, c’est le rouge : le moindre imprévu se règle à découvert.
Non. Les indicateurs sont retraités pour être comparables : la rémunération du gérant est réintégrée dans l’EBE et dans le résultat. Un dentiste en BNC et un dentiste en SELARL se lisent sur la même grille.