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Chiffre d’affaires d’un dentiste : quel CA par praticien viser ?

Rédigé par Romain Rousselet | Oct 27, 2026, 2:31:23 PM

En cabinet solo, un chirurgien-dentiste est dans le vert entre 300 et 380 k€ HT d’honoraires propres par an. En cabinet de groupe, la barre monte à 350-450 k€ par praticien. Sous 260 k€ en solo, ou sous 300 k€ en groupe, le cabinet passe dans le rouge : il a du mal à financer en même temps l’équipe, le matériel et ta rémunération.

Ce sont les seuils de la grille qu’on utilise en audit chez Librae. Ils ne disent pas tout, mais ils disent vite où regarder. Pour situer : l’observatoire Fiducial des chirurgiens-dentistes 2023 relève 364 775 € de recettes moyennes par cabinet en 2022.

En bref

  • Solo : vert entre 300 et 380 k€ HT par praticien, orange entre 260 et 300 k€, rouge sous 260 k€.
  • Groupe : vert entre 350 et 450 k€, orange entre 300 et 350 k€, rouge sous 300 k€.
  • On compte les honoraires propres, hors rétrocessions perçues. Sinon le chiffre est gonflé.
  • Un CA stable ou en hausse sur deux ans est le minimum. Une baisse de plus de 5 % est un signal rouge.
  • Le CA seul ne dit pas si tu gagnes bien ta vie. Il se lit avec le CA par heure et le résultat.

Les seuils, en solo et en groupe

IndicateurVertOrangeRouge
CA annuel par praticien, solo300 à 380 k€ HT260 à 300 k€moins de 260 k€
CA annuel par praticien, groupe350 à 450 k€ HT300 à 350 k€moins de 300 k€
Évolution du CA sur deux ans0 % ou plusentre -5 et 0 %moins de -5 %

Au-delà de 380 k€ en solo, la grille ne te met pas en rouge. On regarde simplement comment tu y arrives : nombre de jours travaillés, heures au fauteuil, délai de rendez-vous. Un chiffre très haut obtenu avec des semaines à rallonge n’est pas un modèle qui tient dix ans.

Pourquoi la barre est plus haute en groupe

Un cabinet de groupe mutualise ses murs, son plateau technique et son équipe. Il donne à chaque praticien plus de moyens pour produire : davantage de fauteuils, davantage d’assistantes, une activité de prothèse et d’implantologie plus développée. La grille attend logiquement plus en retour.

On le retrouve sur le mix d’actes : la grille attend une part d’implantologie et de prothèse plus élevée en groupe qu’en solo. Le CA par praticien suit la même logique.

Le bon calcul

La formule est simple. L’erreur fréquente porte sur ce qu’on met au numérateur.

  1. Pars du chiffre d’affaires de l’exercice, tel qu’il apparaît dans ta comptabilité.
  2. Retire les rétrocessions perçues, c’est-à-dire ce que te reversent tes collaborateurs. C’est leur production, pas la tienne. Tu obtiens tes honoraires propres.
  3. Divise par le nombre de praticiens du cabinet. En groupe, regarde aussi la production de chaque associé quand elle est connue.

Exemple : une SELARL de trois associés réalise 1 230 k€ d’honoraires propres. Ça fait 410 k€ par praticien, dans le vert de la grille groupe. Mais si un associé produit 520 k€ et un autre 290 k€, la moyenne cache deux situations très différentes, et parfois une tension entre associés qu’il vaut mieux mettre sur la table.

Pour l’évolution, compare le CA total de l’année à celui d’il y a deux ans : (CA N − CA N-2) / CA N-2. Deux ans plutôt qu’un, pour lisser une année atypique : un congé, des travaux, le départ d’une assistante.

Ce que le CA ne te dit pas

Un dentiste à 380 k€ qui travaille cinq jours et demi par semaine n’est pas en meilleure santé qu’un dentiste à 330 k€ sur quatre jours. Le chiffre d’affaires mesure un volume. Pour savoir si ce volume te sert, on le croise avec trois autres lignes de la grille :

Le premier te dit ce que rapporte ton temps. Les deux autres te disent ce qu’il te reste.

Les leviers quand tu es en orange ou en rouge

Le premier réflexe, c’est de vouloir voir plus de patients. Avant d’en arriver là, on regarde trois endroits.

  • Le mix d’actes. Si l’implantologie et la prothèse pèsent moins de 30 % de tes honoraires en solo, ton agenda est occupé par des actes qui rapportent peu par heure. On détaille ici les ratios de prothèse.
  • Les devis. Sur les plans de traitement importants, un taux d’acceptation faible vient rarement du nombre de patients. C’est souvent la présentation du devis qui coince.
  • Le planning. Sans trame, l’agenda se remplit au fil des appels et les créneaux longs disparaissent. Le taux de remplissage et les rendez-vous non honorés disent vite où ça fuit.

C’est le travail qu’on refait avec toi en audit, sur tes propres chiffres, indicateur par indicateur. Voir comment on accompagne les dentistes.

Questions fréquentes

Quel chiffre d’affaires pour un dentiste en solo ?

Dans notre grille d’audit, un cabinet solo en bonne santé se situe entre 300 et 380 k€ HT d’honoraires propres par an. Entre 260 et 300 k€, on est en zone orange. Sous 260 k€, le cabinet a du mal à financer à la fois l’équipe, le matériel et la rémunération du praticien.

Chiffre d’affaires et revenu, c’est la même chose ?

Non. Le chiffre d’affaires, ce sont les honoraires. Le revenu, c’est ce qui reste après les charges du cabinet et tes cotisations sociales. Pour un CA de 300 à 380 k€, la grille vise un résultat avant impôt d’au moins 110 k€ par praticien. Selon la CARCDSF, le revenu moyen des chirurgiens-dentistes libéraux était de 122 279 € en 2023, et le revenu médian de 97 672 €.

Faut-il compter les rétrocessions de mes collaborateurs ?

Pas dans le CA par praticien. Les rétrocessions perçues correspondent à la production de tes collaborateurs : les intégrer gonfle ton chiffre sans rien dire de ta propre activité. On les garde en revanche dans le CA total pour calculer les ratios de charges.

Mon CA baisse depuis deux ans, est-ce grave ?

Une baisse de 0 à 5 % sur deux ans est à surveiller. Au-delà de 5 %, c’est un signal rouge dans notre grille. Avant de conclure, vérifie si elle vient du nombre de jours travaillés, du mix d’actes ou des devis acceptés : les trois ne se traitent pas de la même façon.